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Je partage ici le message (en version complète) que j'ai exprimé lors de ma participation

à la Conférence de la soirée Décroissance du 4 Septembre 2025

lors du Festival Alternatiba Leman 2025 - 11ème édition - à Unimail, Université de Genève


J'ai appris peu de temps avant le début de la soirée que les interventions à la Conférence devraient être particulièrement courtes.

Aussi j'avais deux possibilités :

* parler à très grande vitesse afin de pouvoir exprimer la totalité de mon message

ou

* parler plus lentement et exprimer ce qui entrerait dans un temps acceptable pour ne pas monopoliser la parole.

Je décidais donc de tout écrire et de me laisser porter par le flow de l'instant concernant ma rapidité d'élocution; Par conséquent le contenu de mon partage dépendrait de ce que ce que le temps et les circonstances offriraient.

Mon débit de paroles s'étant présenté à une cadence plutôt lente, le message n'a été délivré que partiellement, aussi je le mets ci-dessous en version complète.


Je prends aussi la liberté de poser un titre à mon message qui fait également résonance à l'atelier "Vivre en harmonie du vivant" que j'ai également proposé lors de cette 11ème édition du Festival Alternatiba à Genève :

Quand la décroissance des consommations et possessions matérielles ouvre une voie pour revenir à l'essentiel qui amène vers la croissance de nouvelles dimensions plus en harmonie de la vie.


Pour rappel, voici le titre de la soirée ainsi que les questionnements qui seront abordés et qui ont été déterminés par le collectif :

DéCroissances : choisir ou subir

L'humanité face aux limites de la planète

Quelles stratégies politiques et militantes pour choisir la décroissance ?

Comment arrive-t-on à la décroissance à l'échelle individuelle?

Quelle radicalité faut-il pour parler de décroissance aujourd'hui face à l'urgence écologique, aux parlements et gouvernements en place ?


Mon partage :

Bonjour à toutes et tous,

Tout d'abord, je tiens à remercier l'organisation Alternatiba Leman, tous les bénévoles et l'Université de Genève qui nous permettent de nous réunir ce soir.

Je tiens également à vous remercier d'être venus ce soir partager ces instants.

Je tiens à remercier aussi de m’offrir de participer à cette table ronde.

Je m’appelle Caroline BRUGOT, mon activité CLEBOEM.

Concernant les sujets abordés lors de cette soirée, ils sont venus à ma rencontre au cours de mon expérience de vie et l'une des étapes importantes sur ce chemin a eu lieu ici à Unimail il y a 10 ans.

Aussi, je participe ce soir pour vous partager ce que la vie m'a proposé d'observer et d'expérimenter dans mon expérience en m'exprimant en résonance aux différents termes mis en avant ce soir et que peut-être cela puisse résonner, éclairer voire peut-être inspirer.

J'ai exercé pendant plus de vingt ans dans la Banque où j'ai exploré plusieurs métiers qui m'ont permis à travers le rapport des uns et des autres à l'argent d'observer certaines formes de croissance et de décroissance.

C'est aussi en partie ce parcours qui m'a amené à reprendre mes études ici à Unimail, 15 ans après un premier cycle, pour explorer des sujets étroitement liés à ceux abordés ce soir, que sont l'intelligence émotionnelle et du bien-être.

Effectivement, en accompagnant des clients à acquérir leur maison, développer leur activité ou des collaborateurs à évoluer professionnellement, donc des formes de croissance induite par la société, les pensées et émotions immédiates sont en général plutôt positives et confortables.

Cela devient moins évident lorsque il s'agit de réduire des lignes de crédit, de constater des moins-values financières ou comme dans le dernier métier que j'ai exercé en tant que responsable du service juridique et contentieux, de mettre en oeuvre des procédures nécessaires au remboursement de créances : plan d'amortissement amiable, vente ou liquidation judiciaire qui pourraient se rapporter à une décroissance subie !

La stratégie, d'aussi loin que je me souvienne est quelque chose que j'observe et qui m'a souvent beaucoup questionnée. Cependant, étant donné que cela semblait devoir fonctionner ainsi, je me prêtais au jeu : faire des études, gravir l'échelle sociale, occuper des postes à responsabilité, générer le profit permettant l'aisance matérielle...

Jusqu'au jour où j'ai été amenée aux Urgences de l'hôpital.

Le diagnostic : Burn Out.

Cet événement a fait ré-émergé des questionnements :

Comment en suivant la voie toute tracée par la société, celle censée donner du sens, en étais-je arrivée à ce non-sens ?

Et surtout, comment alors que j'avais vécu dans le tout-contrôle en appliquant LA stratégie, j'avais lâché instantanément toute résistance alors que la mort était venue à ma rencontre ce jour où j'ai été amenée aux Urgences ?

Lorsque la vie amène des questions pour lesquelles le quotidien n'est plus en mesure d'apporter du sens, c'est surement qu'il est temps de passer à autre chose.

C'est ainsi que l'expérience a démarré.


Je vous propose de vous partager ce que j’ai pu identifier comme des clés.


Ce qui a résonné lorsque j'ai participé la première année à Alternatiba il y a 2 ans, c'est le message qui parlait d'alternative joyeuse.

Alors me direz-vous, le sujet de ce soir, DéCroissances, on s'en éloigne un peu de l'alternative joyeuse !

Eh bien, pas si sûr et ce sont peut-être là des clés précieuses.

Alors s'il est question de radicalité, à mon sens, c'est ici. Dans son étymologie, radical est ce qui tient à la racine, à l'essence d'un être ou d'une chose, ce qui est profond. Or la décroissance, dans mon expérience, a pris sons sens, en revenant à la source, en allant chercher des réponses en moi dans mes profondeurs; C'est selon mon expérience, revenir à l'essentiel.

Reconnaître la joie d'être en vie, la reconnaître en Soi, celle de s'émerveiller du vivant, celle de sentir la lueur régénérante du soleil ou encore la douce caresse de l'air.

Accueillir la joie en Soi dans la profondeur de notre être, c'est parfois difficile surtout lorsque l'on avance dans le chaos cependant c'est aussi se rappeler que c'est un passage, qu'il existe des alternatives. C'est d'ailleurs, ce que j'ai proposé d'expérimenter dans l'atelier que j'ai proposé plus tôt.

Alternative évoque pour moi l'ouverture à de nouvelles possibilités.

De mon expérience, il s'agit de faire de la place à la nouveauté et cela implique de le faire en joie, dans la résonance du coeur, au service du vivant. Cela présente alors quelques subtilités :

Être en joie indépendemment du résultat de l'expérience,

et c'est là que l'intuition peut nous révéler ce qui nous met en vie, nous apporte cette joie profonde : le style d'idée qui déclenche instantanément un sourire, un wouah, des étoiles dans les yeux.

Cette joie permet chemin faisant d'oser notre sensibilité

et nous amène vers l'écoute des messages des émotions et du corps.


Alors oui certains passages peuvent sembler particulièrement long, on peut se sentir découragé, on peut être amené à douter lorsque l'on ne voit pas encore le bout du tunnel et que nous ne parvenons à mettre du sens sur tout ça.

J'en ai fait l'expérience.

A mon sens, lorsque l'on parle de décroissance, il est important de préciser que cela induit inévitablement un processus de changement, le dit "chaos", que la décroissance telle qu'elle est souvent évoquée ne s'applique pas nécessairement à tous les domaines de notre vie et que d'autre part, le processus de décroissance est progressif marqué par des étapes clés.

Dans mon expérience, j'identifie plusieurs phases dans ce processus :

Première phase où mon action s'est portée sur des choix qui m'apparaissaient être respectueux du vivant et dans lesquels je trouvais écho dans les idéologies se voulant proches du vivant.(Ex: choisir un lieu d'habitation depuis lequel je pourrais me déplacer au quotidien essentiellement à vélo ou à pied, être au contact de la nature, consommer plus local, trier mes déchets...)

Puis une autre étape dans cette première phase où la vie m'a proposé d'aller plus loin dans le processus, un événement plus subi que choisi qui m'a amené aux Urgences de l'hôpital. J'en ai déjà parlé plus tôt.

Puis un second choc 15 jours plus tard m'invitant à marquer mon accord au changement par un acte fort :

Accepter de tourner la page sur plus de vingt années d'exercice dans la Banque qui m'avaient permis d'accéder à un certain confort matériel;

Et c'est en accueillant la proposition de la vie que la porte s'est ouverte.


En effet, nous redécouvrons de plus en plus que le chaos est cosmique, biologique et physiologique, que ce soit en nous rappelant des Sagesses ancestrales ou en le constatant par la recherche dans les domaines de la physique quantique, des neurosciences ou encore l'épigénétique;

Que le chaos est porteur de vie, qu'il anime notre environnement et notre corps et qu'il existe aussi dans notre corps des portes de sortie.


C'est au cours des 2 ans nécessaires à la séparation amiable d'avec mon employeur que la phase suivante a démarré :

* Ralentir,

* Accepter de remettre en question mes croyances,

* Accepter de ne plus savoir pour être enseignée par la vie,

* Accepter de redonner toute sa place à mon être, à commencer par apprendre à me mettre à l'écoute de mon corps et suivre les élans de mon coeur.

Car au-delà de la dichotomie de choisir et subir, s'ouvre une troisième voie symbiotique qui nous offre d'accueillir la danse du vivant.

C'est en acceptant d'accueillir mes paradoxes :

décroissance / croissance

déconstruction / construction,

que j'ai pu me rendre compte qu'au fur et à mesure que je lâchais l'identité sociale dans laquelle j'évoluais jusque là, s'ouvraient des dimensions qui m'étaient alors restées inconnues et qui m'offraient d'apporter du sens et de la cohérence à l'expérience;

Amener de la relativité dans la gravité en changeant notre perception par la gravitation. Ce qui pourrait évoquer comme quelque chose de tournant pour sortir du côté statique de la gravité par le côté dynamique de la gravitation.

Danser avec cet aspect réceptif d'accueillir et cet aspect émissif qui nous remet en mouvement en nous plaçant dans l'action.

La Nature et l'Art sont des approches mères-veilleuses pour dynamiser notre imaginaire créatif et renaitre à nos sens au service du vivant et de plus d'harmonie dans l'expérience.

D'ailleurs, petite anecdote, saviez-vous que la formule mathématique de l'harmonique sphérique intègre une variable imaginaire i ?

J'ai été invitée à résonner, à ressentir la vibration, me mettre à l'écoute du corps dans sa complétude, d'accueillir la complémentarité de nos cerveaux, du bassin à la tête.

Et si nous étions tous musiciens, (c'est un de mes accompagnements!), ce serait nous offrir d'accorder notre instrument pour vivre en harmonie, redevenir partenaire de la Nature.

Avant de passer la parole, je souhaite vous partager une citation de Ernst Zurcher, ingénieur suisse, enseignant chercheur, spécialiste du bois et notamment de la cronobiologie :

"L' équilibre nouveau émerge lorsque l'être humain devient partenaire de la nature où il apprend à donner et à recevoir;

Aller dans la nature dans l'intention de l'admirer, d'être reconnaissant, c'est un mode vibratoire qui est très différent de celui de l'avidité.

C'est le mode vibratoire de l'artiste, l'humain artistique, l'humain emprunt de beauté s'approchant de la nature, va être nourrissant pour la nature et elle va lui être reconnaissant et lui donner le meilleure d'elle-même."

Merci de votre attention.

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